Bien endormir un nourrisson ou comment le sommeil de bébé favorise son développement

Le sommeil de bébé est un facteur primordial à prendre en compte puisqu’il favorise le bon développement du cerveau des enfants. De nombreuses études récentes mettent ainsi en évidence la relation entre la qualité du sommeil et l’organisation des fonctions motrices et cognitives de l’homme. Compte-tenu de l’importance cruciale de la première année de vie des nourrissons, l’endormir avec soin revêt une importance capitale.

Bien endormir un nourrisson ou comment le sommeil de bébé favorise son développement

De l’importance du sommeil de bébé

Si bébé dort beaucoup, c’est bon pour son développement

Dès 1966, les études du neurophysiologiste Howard Roffwarg (in Howard Roffwarg, J.N. Muzio, W.C. Dement, 1966, "Ontogenetic Development of Human Sleep-Dream Cycle" Science : 152 : p. 604-619.) pointaient du doigt l’importance dans leur développement, du sommeil des bébés. En menant une étude sur la maturation du cerveau au cours de la vie fœtale et des tout premiers mois de la vie, le chercheur américain arrivait à la conclusion que le sommeil paradoxal joue un rôle dans le développement et la maturation du cerveau.

Howard Roffwarg allait même plus loin en affirmant que « c’est au moment où se développe le cortex cérébral qu’existe chez le fœtus et le nouveau-né la plus grande quantité de sommeil paradoxal ». Les nombreuses expériences menées par la suite sur les mécanismes du sommeil de bébé ont confirmé ces travaux. Et notamment le fait qu’il existe une corrélation très étroite entre la diminution de la quantité de sommeil paradoxal des bébés et l’apparition de l’éveil calme, moment au cours duquel ils appréhendent au mieux leur environnement et sont le plus réceptif aux stimuli extérieurs (in V.H Denenberg, E.B. Thoman,1981, "Evidence for a Function Role for Active (REM) Sleep in Infancy" in Sleep 4 : p. 185-191.)

L’expression Dormir comme un bébé prend ici tout son sens et montre à quel point le sommeil de bébé est important pour la maturation des cerveaux des tout-petits, tout comme d’ailleurs pour le bon fonctionnement de la mémoire de l’adulte.

Bien endormir un nourrisson afin de favoriser la structuration de son cerveau

La récente thèse émise par des chercheurs de l’Université de Wisconsin-Madison (UW) attire également l’attention. L’hypothèse SHY (Synaptic Homeostasis Hypothesis) suggère en effet que le sommeil est le prix que nous payons pour apprendre.

Le Dr Giulio Tononi, chercheur au Centre du Sommeil de l’Université du Wisconsin explique : « Durant la période d’éveil, l’apprentissage renforce les connexions synaptiques dans le cerveau, ce qui augmente les besoins en énergie et sature le cerveau avec de nouvelles informations. Le sommeil permet au cerveau de se réinitialiser et contribue à l’intégration de l’information et à la consolidation des souvenirs consolidés (Neuron, 8 janvier 2014. “Sleep and the Price of Plasticity : From Synaptic and Cellular Homeostasis to Memory Consolidation and Integration”). »

En somme, sur le plan de l’évolution, le manque de sommeil peut être considéré comme un facteur de risque et de mise en danger. Un bon sommeil réduit en revanche les liens entre les cellules du cerveau afin d’économiser l’énergie. Il limite également le stress cellulaire, permettant de maintenir la capacité des neurones à répondre de manière correcte et sélective aux stimuli extérieurs.

De l’importance de bien endormir un nourrisson le soir ou lors de la sieste

Le sommeil de bébé au centre des attentions

Le sommeil de bébé est assurément un sujet passionnant et nombreux sont les chercheurs qui continuent à tenter de percer ses secrets. Signalons deux études récentes dignes d’intérêt.

La première met en évidence le processus par lequel le sommeil améliore l’apprentissage et la mémoire. Par leurs travaux sur des souris, des scientifiques américains et chinois sont parvenus à prouver l’impact d’une privation de sommeil sur la déficience du relais de l’information entre deux neurones (Science, 6 juin 2014. “Sleep promotes branch-specific formation of dendritic spines after learning).”

La seconde associe le manque de sommeil à une perte irréversible de neurones (The Journal of Neuroscience, 19 mars 2014. “ Extended Wakefulness : Compromised Metabolics in and Degeneration of Locus Ceruleus Neurons”). Le Dr Sigrid Veasey, professeur agrégé de médecine à l’École de Médecine de Perelman de l’Université de Pennsylvanie, montre que l’insuffisance de sommeil chronique altère les performances cognitives. Des lésions définitives subsistent même après plusieurs jours de récupération consécutifs.

L’importance de la sieste chez l’enfant

Tout comme le sommeil nocturne, l’endormissement d’un nourrisson au moment de la traditionnelle "sieste de bébé" est un moment important qu’il est souhaitable de ne pas négliger.

Menée à l’Université de Sheffield en Angleterre, une récente étude a confirmé ce fait en menant une expérience sur un panel de 216 nourrissons âgés de 6 à 12 mois. Réalisée à l’aide de marionnettes, l’expérience a consisté à tester les capacités des bébés à se remémorer de nouvelles compétences, ainsi qu’à valider des acquis en fonction de leur temps de sommeil, et plus précisément en leur octroyant ou non un temps de sieste imparti. L’analyse des résultats révèle que :

  • le moment où les bébés apprennent le mieux se situe juste avant la période de sommeil. L’après-midi, de courtes siestes de trente minutes au minimum les aident à consolider les apprentissages effectués durant la matinée ;
  • les nourrissons auxquels a été accordé un temps de sieste juste après une période d’apprentissage se souviennent bien plus précisément des compétences apprises par rapport à ceux privés de temps de sommeil ;
  • cette consolidation supérieure de la mémoire perdure dans le temps et est toujours perceptible 24 heures après l’expérience d’apprentissage ;
  • une sieste de moins de trente minutes est insuffisante pour permettre la consolidation des acquis.

Ces résultats concrets mettent donc clairement en avant la nécessité de bien endormir un nourrisson et l’utilité de la sieste pour les enfants. Ce temps de sommeil diurne leur permet en effet d’intégrer les acquis de la journée, et donc de favoriser l’activité et le développement de leur cerveau.


Les nourrissons consacrent la majorité de leur temps à dormir, phase nécessaire à leur développement, notamment durant la première année de vie. De nombreuses études confirment le caractère indispensable du sommeil de bébé pour l’apprentissage, le développement de la mémoire et la plasticité cérébrale.
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