Lutter contre l’insomnie et les troubles du sommeil de l’enfant améliore sa mémoire

Les conclusions d’une récente étude menée par des chercheurs hongrois mettent en avant la corrélation entre les troubles du sommeil de l’enfant et le fonctionnement de sa mémoire. Des spécialistes de l’Université de Szeged viennent en effet de prouver qu’un mauvais sommeil est susceptible d’entraver les procédés mécaniques qui assurent le bon fonctionnement des schémas cognitifs et de la mémorisation. Lutter contre l’insomnie dès le plus jeune âge permettrait donc de favoriser le bon développement et l’épanouissement de nos enfants, via le sommeil.

Lutter contre l'insomnie et les troubles du sommeil de l'enfant améliore sa mémoire

Les troubles du sommeil de l’enfant passés au crible

Le fonctionnement de la mémoire chez les tout petits

L’étude de la mémoire chez les bébés est un sujet qui passionne chercheurs et spécialistes de la petite enfance. De nombreuses recherches ont déjà permis d’expliquer les principaux mécanismes à l’origine des processus de mémorisation des nouveaux-nés. Dès la naissance, tous les systèmes perceptifs du nourrisson (visuel, auditif, tactile…) participent aux premiers mécanismes déclencheurs de « souvenirs immédiats ».

Pendant les dix à douze premiers mois de sa vie, bébé va développer des facultés d’apprentissage qui vont structurer le développement de son cerveau.

Il est d’abord scientifiquement constaté que les jeunes enfants éprouvent un goût certain pour la nouveauté, mécanisme de base fondamental à l’origine des automatismes d’apprentissage. Si, à l’âge de 2 mois, bébé peut reconnaître un objet qu’il a déjà eu dans la main 30 secondes auparavant, son intérêt pour un même objet diminue au fur et à mesure qu’on le lui présente. La mémorisation s’opère alors sur des délais courts.

À l’âge de 4 mois, le nourrisson peut reconnaître un élément jusqu’à 2 minutes après le moment où il l’a tenu en main. À 8 mois, ce délai est de 5 minutes.

Avant sa première année, le fonctionnement de la mémorisation est surtout tactile. Il va très vite évoluer vers un système cognitif visuel puis mental, avec ce constat : un sommeil de l’enfant efficace influence positivement l’activité du lobe temporal du cerveau, là où se situe l’hippocampe.

En d’autres termes, le fait de bien dormir et de lutter contre l’insomnie afin de limiter les troubles du sommeil des tout petits enfants permet à leur cerveau de mieux gérer les informations récemment acquises. D’où l’importance de respecter les cycles de sommeil de bébé, l’heure de la sieste et surtout de trouver des moyens efficaces pour l’endormir, ce qui n’est jamais facile nous en conviendrons !

Une étude menée par des chercheurs hongrois

Afin de cerner encore mieux les mécanismes de fonctionnement du sommeil, ses éventuels troubles ainsi que ses relations à la mémoire, les études scientifiques s’orientent sur des populations d’enfants un peu plus âgés. C’est le cas d’une recherche récente menée par des spécialistes hongrois de l’Université de Szeged, dans le sud du pays.

Afin de décrypter les processus de mémoire sur 17 enfants atteints de troubles respiratoires du sommeil, le Dr Eszter Csabi et son équipe ont travaillé auprès de 34 enfants âgés de 6 à 12 ans : 17 d’entre eux souffraient de troubles respiratoires du sommeil tandis que les 17 autres enfants ne présentant aucun trouble du sommeil constituaient un groupe de contrôle témoin.

Deux expériences ont été menées dans le but d’évaluer leurs capacités d’apprentissage et de mémorisation :

  • un test de rappel d’une histoire contée à l’ensemble du panel lors d’une session d’apprentissage et à l’issue d’un sommeil de 12 heures (mémoire déclarative ou consciente) ;
  • un test de temps de réaction permettant d’évaluer la consolidation de la mémoire non déclarative (notamment la mémoire procédurale, celle des habiletés motrices) ainsi que le niveau d’apprentissage.

Cette expérience a permis aux chercheurs de comprendre si les enfants avaient consolidé l’information apprise ou l’avaient alors oubliée d’une séance à l’autre.

Lutter contre l’insomnie du nourrisson favorise son développement

Les troubles du sommeil affectent la mémoire des enfants

Au terme du protocole d’étude, il a été constaté que les jeunes enfants atteints de troubles respiratoires du sommeil obtenaient de moins bons scores aux tests de mémoire déclarative. Celle-ci se réfère au stockage, à la récupération des données et à la capacité de se rappeler consciemment de faits et d’événements établis.

Chez l’enfant, les troubles du sommeil perturbent donc la façon dont il apprend consciemment, ainsi que la consolidation de cet apprentissage. Autre enseignement : le processus de mémoire déclarative, ou conscience, est le plus touché chez l’enfant en cas de sommeil perturbé.

Les résultats de l’étude confirment également l’idée communément admise que lutter contre l’insomnie de l’enfant afin de favoriser une bonne nuit de sommeil facilite l’acquisition de nouvelles connaissances. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les jeunes enfants et surtout les bébés dorment beaucoup !

Favoriser le fonctionnement de la mémoire en luttant contre l’insomnie

De manière générale, les troubles du sommeil, ici liés à une respiration désordonnée, peuvent entraver des procédés de mémoire chez les enfants ainsi que sur la façon dont ils apprennent.

Plus précisément, un sommeil perturbé est susceptible de gêner le fonctionnement de la mémoire de différentes façons, et d’avoir un impact sur le développement du cerveau.

Cette conclusion des auteurs de l’étude amène à poser précisément la question du diagnostic des troubles du sommeil (et des troubles respiratoires) dès la petite enfance afin de pouvoir les traiter de manière adaptée. Lutter contre l’insomnie de bébé et des enfants permet en effet de consolider les processus de fonctionnement de la mémoire et joue un rôle dans leur développement général.

Les troubles du sommeil chez l’enfant peuvent inhiber les processus de mémorisation. Les conclusions de cette étude présentée à la Conférence Sleep and Breathing 2015 de l’European Lung Foundation sont sans équivoque et apportent une nouvelle preuve de l’importance de la qualité du sommeil pour l’apprentissage de nos chères têtes blondes. Et si vous éprouvez des difficultés à endormir vos enfants ou à lutter contre leurs insomnies, n’oubliez pas qu’une berceuse pour nourrisson ou des chansons pour enfants sont des solutions à tester avec le plus grand intérêt !
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